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Née en 1984. Vit et travaille à Lille.

Born in 1984. Lives and works in Lille, France

Avec la posture de l’anthropologue et les moyens de son art – installation, photographie, vidéo et enregistrement sonore, Maureen Ragoucy bâtit ses travaux autour des rencontres qu’elle provoque. Elle porte un regard sobre et sensible sur la question du lien de l’homme entre sa communauté d’origine et celle d’adoption, du rapport du singulier à l’universel. Liant la notion d’exil à celle d’identité, les questions de la famille, de la transmission, de l’intimité et de la mémoire se révèlent de manière inédite.

Au cœur du processus de création et selon une méthode de travail prédéfinie, Maureen Ragoucy invente des dispositifs autour du déplacement, de la pérégrination, et les règles qu’elle se donne constituent des prétextes à la rencontre. D’abord avec des inconnus dans la rue en France puis en Espagne, où étrangère, elle rencontre bien plus étranger qu’elle, le grand nombre d’immigrés latino-américains fait écho de manière inattendue à son travail. Se reconnaissant peut-être en partie dans son regard d’étrangère, ces étrangers se confient. Elle poursuit son travail au Mali puis au Sénégal, pays qui voient chaque année des milliers de personnes « partir à l’aventure ». Elle n’hésite pas à se déplacer, pour se rapprocher des individus qu’elle interroge et pour mieux appréhender la relation, à apprendre leur langue. Ses rencontres la mèneront au Brésil à la découverte de l’héritage culturel japonais ; au Cap-Vert, auprès de la diaspora revenue sur sa terre d’origine ; au Bénin, elle identifie les Agoudas et les reliquats de la communauté afro- brésilienne ; au Pérou, elle interroge la diversité culturelle, sociale et linguistique des familles. En 2011, l’artiste initie un projet au long cours sur les femmes ayant vécu la Seconde Guerre mondiale qu’elle appelle à se souvenir.

Son appareil photo ou sa caméra lui servent de passeport à la rencontre. En se plaçant systématiquement sur un même pied d’égalité que ses interlocuteurs, son approche documentaire est frontale, directe, réaliste et respectueuse. Ce qui l’intéresse avant tout, c’est de faire dialoguer ses images avec les récits de ses sujets, recueillir leur parole. Son objectif isole son sujet pour révéler sa particularité, sa singularité, son originalité ; ses entretiens dévoilent l’invisible, l’indicible. Cependant, l’aspect dramatique des histoires personnelles qui émerge des différentes rencontres ne prend jamais le dessus sur la légèreté et la simplicité des contacts qu’elle tisse.

Ce qui motive Maureen Ragoucy c’est la nécessité de comprendre et de dire. Les histoires personnelles et intimes qu’elle recueille entrent alors dans le champ de l’histoire collective, du patrimoine vivant et oral qu’elle sauvegarde.
Dans ses installations, Maureen Ragoucy documente le réel qui oscille entre rêve et réalité, mythe et désillusion, fantasme et vérité.

With the posture of an anthropologist and the means of her art – installation, photography, video and sound recording, Maureen Ragoucy builds her work around the encounters she provokes. She takes a sober and sensitive look at the question of man’s link between his community of origin and that of adoption, of the relationship between the singular and the universal. Linking the notion of exile to that of identity, questions of family, transmission, intimacy and memory are revealed in new ways.

At the heart of the creative process and according to a predefined working method, Maureen Ragoucy invents devices around movement, peregrination and the rules she sets for herself are pretexts for meeting new individuals. First with strangers in the streets in France and then in Spain, where as a foreigner, she meets much more foreign than herself, the large number of Latin American immigrants unexpectedly echoes her work. Perhaps partly recognizing themselves in her foreign gaze, these strangers confide. She continued her work in Mali and then in Senegal, countries which see thousands of people every year «go on an adventure».

She does not hesitate to travel, to get closer to the individuals she questions and to better understand the relationship, to learn their language. Her encounters will take her to Brazil to discover Japanese cultural heritage; in Cape Verde, with the diaspora who have returned to their homeland; in Benin, she identifies the Agoudas and the remnants of the Afro-Brazilian community; in Peru, she questions the cultural, social and linguistic diversity of families. In 2011, the artist initiated a long-term project on women who lived through World War II, which she calls to remember.

Her camera serves as a passport to meeting strangers. By systematically placing herself on the same footing as her interlocutors, her documentary approach is frontal, direct, realistic and respectful. What interests her above all is to make her images interact with the stories of her subjects, to collect their words. Her objective isolates her subject to reveal its particularity, its singularity, its originality; her interviews reveal the invisible, the unspeakable. However, the dramatic aspect of personal stories that emerges from the various encounters never outweighs the lightness and simplicity of the contacts she weaves.

What motivates Maureen Ragoucy is the need to understand and to speak up. The personal and intimate stories that she collects then enter the field of collective history, of the living and oral heritage that she safeguards. In her installations, Maureen Ragoucy documents the real which oscillates between dream and reality, myth and disillusion, fantasy and truth.

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